« Y en a marre ! »

Léo Ferré.

Lorsque j’étais enfant, que grand-père soit souffrant, ou grand-mère, le docteur était à la maison.
Tard le soir, après minuit en plein hiver, je revois le docteur Mela, dos à la cheminée, se réchauffant avant de quitter la chaumière. Sa présence rassurait toute la famille.
Le 15 n’existait pas, on allait, à pied, le chercher à son domicile.

Aujourd’hui, la médecine a beaucoup progressé, les toubibs beaucoup régressé.
Ils rechignent à se rendre à domicile, vous pouvez mourir tranquille.
Le rendez-vous devenu « ne vous rendez-vous pas avant plusieurs mois« , est une vraie catastrophe.
C’est le progrès. On progresse à reculons.

Le plus attristant, à mon sens, est de constater que les inconditionnels du serment d’Hippocrate, soient souvent contaminés par la rage politicienne. Trop nombreux sont ceux qui entrent en politique alors qu’on manque de praticiens.
Nous sommes en démocratie, chacun a le droit de viser un banc au palais Bourbon, au sénat ou ailleurs, certes.
Et la conscience, bordel !
Se rendent-ils compte qu’ils sont mille fois plus utiles à soigner qu’à refaire le monde ?
Un médecin est-il plus capable qu’un autre, d’améliorer les conditions d’un pays, plus qu’un citoyen lambda ?
Quelle méprise, quelle erreur monumentale, cela ne s’apprend pas dans les facs de médecine.
La politique va et vient et jamais ne satisfait personne.
C’est l’éternel recommencement, on vote et puis après ?
Après on recommence !
S’il suffisait de voter pour que tout aille mieux dans le meilleur des mondes, les urnes seraient pleines et les abstentions inexistantes.

Ces docteurs, doctes dans leur discipline se font une patientèle, une réputation puis tentent la députation.
– Je vais me présenter aux élections.
– Formidable ! s’écrie le patient, vous allez faire avancer les choses.
– Vous me soutiendrez ?
– Mais bien sûr !

Pauvre hère, le patient ne se rend même pas compte qu’il va devoir galérer pour trouver un autre toubib car le sien sera trop occupé à améliorer un monde que le divin, lui même, n’a pas su rendre heureux.
Quelle tristesse ! Quelle bêtise !
Les antibiotiques comme les anti-inflammatoires n’ont jamais guéri une démocratie.
Démocratie va et vient comme les citoyen veulent bien qu’elle soit, c’est à dire perpétuellement malade.
Aucune médecine n’améliorera sa santé, démocratie doit souffrir pour exister, sinon elle se nomme dictature et on souffre encore plus…

Le petit plus du jour :

Quand la mnémotechnie se fait indiscrète…

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