Il a l’envie, l’éloquence, la rhétorique –un peu trop -, les effets de manches et probablement la certitude d’avoir été investi d’une mission.
Arnaud Montebourg ne perd pas de temps : l’horizon 2012 est mort vive l’horizon 2017. Il vaut toujours mieux avoir quelques longueurs d’avance si l’on veut être à l’arrivée avant les autres.
Il balance son « Soutien à François Hollande », ça c’est fait, puis, sans perdre de temps : réfléchissons et rêvons. En avant pour un mouvement d’idées nouvelles. Des idées neuves qui ont déjà été pensées par Michel Onfray et beaucoup d’autres qu’il ne nomme pas… peut-être Socrate.
Oui, peut-être, sur l’agora « des sessions pour les militants socialistes et ceux des autres partis de gauche de la Nouvelle France, où ils viendront se former aux idées de demain pour ensuite porter ces propositions dans la société, au sein de leur association, de leur parti… » Et sur la toile, une « revue en ligne pour alimenter le débat ».
Celui qui a le secret des idées neuves pour demain n’a pas l’intention de polluer son aura naissante. Il veut se placer au-dessus de la mêlée, dès à présent, presqu’évanescent, s’éclipsant progressivement pour laisser place aux idées. Peut-être partira-t-il pour une méditation du côté du Mont Blanc ? Un sommet tout proche pour ne pas quitter le pays de son œil averti.
Propre, il n’a passé aucun accord avec François Hollande et ne s’impliquera pas outre mesure dans sa campagne… il sera tout juste « un de ses ailiers ». A-t-il l’intention de marquer quelques buts pour le futur président ? Il ne dit rien. Quelques talonnades sans doute ?
Peut-être est-il plus préoccupé par son horizon 2017 et fera l’impasse sur le quinquennat à venir ? Un champ d’expérimentations… François Hollande aura de beaux jours devant lui si la France lui prête mandat.
Montebourg sera-t-il inspiré par un gouvernement fantôme à l’instar de celui de Bayrou, un laboratoire pour donner l’exemple au pays ? Que des questions pour l’heure…
S’il est ainsi, il y a fort à parier que notre agitateur d’idées, le catalyseur d’idées toutes neuves ne soit destiné à disparaître du champ politique lorsque la bonne parole aura transformé la pensée citoyenne… Au fond, il travaille à sa propre disparition. A quoi servirait-il, si sa démarche devait aller au bout de son objectif ? Il ne souhaite point devenir gourou mais un dieu qui s’efface devant sa création.
Et si tout va bien, la voie Montebourg pourrait devenir universelle, un pied de nez à sa démondialisation.
Alléluia ! Arnaud !
Mais Arnaud est-il prêt à disparaître pour des idées ? Il est permis d’en douter.
