Des infirmières aux anges.

Malgré un tableau clinique inquiétant, incompatible avec le comique de situation, je persistais dans mon attitude de dérision.
Je m’amusais de mon état en plaisantant avec le soignant qui s’aventurait dans ma chambre.

Certaines « piqûrières » ou « panseuses » de service avaient compris le manège et prenaient plaisir à me rendre visite.
Je force un peu le trait mais c’est l’impression que j’avais en les voyant sourire de malice à chaque intrusion. Je ne manquais aucune occasion, je suis ainsi fait, je n’ai que l’humour à la bouche et à l’esprit, c’est ma manière de vivre le carpe diem jusqu’au dernier souffle comme si je devais finir mes jours sur un éclat de rire ou plus simplement sur une risette adressée à la vie que j’ai tant appréciée.

Même le chirurgien qui passait matin et soir lorsque mon état n’était pas très reluisant, s’étonnait de cette auto-dérision chevillée au corps. Il souriait timidement à mes réponses toujours décalées, il n’était pas d’humeur badine dans ces moments là.
– Comment allez vous ce matin ?
– Ecoutez, ça va, j’ai l’abricot mais pas encore la pêche !
A l’infirmière qui venait remplir ses fioles :
– Vous y allez par tubes plein les mains, vous faites des boudins ?
Mes veines se planquaient au plus profond de mes bras en fuyant l’aiguille perforeuse et devenaient introuvables. Ainsi, le dos de ma main servait de laboratoire, son réseau veineux était perforé de sorte qu’il fallait chercher le pétrole sanguin, ailleurs, plus profondément.
Lorsque, après maints sondages le long du bras, l’une trouvait le tuyau caché dans les nappes « phréatiques » du pli du coude, je disais :
– Vous êtes une excellente spéléologue, vous savez inspecter les galeries les plus profondes.
A la suivante :
– Savez vous pourquoi on dit qu’une infirmière pique ? Parce qu’elle pique le sang du patient.
L’infirmier de nuit, vient m’introduire le thermomètre auriculaire dans le vestibule de l’audition, instantanément, je lançais :
– Allo, qui est à l’appareil ?
Eclat de rire instantané par effet de surprise.
La kiné venue m’accompagner dans mes premiers pas après l’intervention chirurgicale semblait intriguée, aussi, par mes remarques.
– Ne vous inquiétez pas si je titube, c’est habituel, j’ai toujours zigzagué, je ne sais pas marcher droit.
Elle a de suite compris que j’étais un drôle de zigoto et s’en amusait en écoutant mes fariboles instantanées.

Toutes ces saillies intervenaient sur le champ, dans un contexte précis, je ne les ai plus en tête, je n’en livre qu’un maigre aperçu.

Evidemment, je n’ai pas manqué de laisser un hibou perché sur une branche pour remercier tout ce monde dont le mérite est grand.
Ces jeunes dames se montraient très attentives, humaines et professionnelles, c’était très agréable d’attendre leur venue, j’avais l’impression qu’avec elles on pouvait guérir sans médicaments, avec quelques doses de sourires et de l’empathie tamponnée à la ouate.
Je n’avais pas de feuille pour les remercier proprement, j’ai griffonné un dessin avec un propos de petit duc, sur un bout de magazine, cela faisait un peu Picasso qui payait son repas avec une esquisse estampillée sur un coin de nappe en papier.

Voilà voilà, il serait temps que je m’intéresse à mon livre qui végète depuis un bon moment.
Je passe mon temps à papillonner sur Facebook et ce blog, il est urgent que je songe à le terminer.
Je vais m’y atteler.

4 commentaires

  1. L’humour est intact, Tvb !
    Oui il faut s’attaquer au livre maintenant et continuer le carpe diem.
    Bonne convalescence 😻 sans oublier les 🦉🦉

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *