De l’artiste, du sportif de haut niveau, au poids des mots.

Avec les réseaux sociaux, les voies de tout genre sont engorgées, saturées d’avis.
Chacun y va de son mot, du quidam au plus connu des artistes, tous se croient investis d’une mission de haute importance comme si leur entendement, leur analyse, leur parti pris, devaient faire autorité.

Comment un bon tireur de penaltys, qui en rate aussi, peut-il semer la bonne parole, la bonne idée qui engage au meilleur bulletin de vote avant de choir dans l’urne ?
En quoi un chanteur, un comédien, un acteur, qui surchauffe un Bus Palladium, brûle les planches d’un TNP ou enchante le grand écran, détient-il la lumineuse lumière, celle qui éclaire tout…
Comment sait-il le seul bon candidat à une élection ?

On dit que ce sont des citoyens comme les autres et donc ont le droit de s’exprimer.
Personne ne leur interdit de parler mais qu’ils le fassent lors d’un meeting de leur candidat préféré, qu’ils s’engagent dans un parti.

Celui qui chante ou fait des feintes sur un terrain de foot doit-il aussi influencer ses fans et pourquoi passerait-il par l’isoloir le jour d’un scrutin ?
Sa voix est de notoriété publique, pourquoi faire mine de vote secret ?
La seule explication qui justifierait ce passage par l’isoloir serait la traîtrise, le changement, toujours possible au dernier moment.

Un sportif qui franchit une barre, à la perche, au-delà des six mètres, détient il aussi la plus haute pensée politique à diffuser sans modération ?
Un nageur recordman de brasse ou de papillon, embrasse t il mieux que quiconque la chose politique, ou butine t il mieux que personne le pollen proposé les jours de scrutin ?

Que les politiciens, les candidats, débattent, qu’ils montent tribunes pour clamer leurs convictions est dans l’ordre des choses.
Mes idées comme celles des personnes en vue dans la société n’intéressent quiconque, sauf les faibles d’esprit toujours en quête d’un avis parce qu’ils sont incapables de penser par eux mêmes.

Quelle légitimité avons nous tous à claironner nos idées, nos vérités, nos convictions ?
Nul ne détient le vrai, le certain, le mieux, tous avons un bout de vrai, une once de bon sens, jamais la solution sûre, durable, définitivement salvatrice.

Je suis très pessimiste, je pense que nous avons atteint un point de retour difficile à négocier, quel que soit le nouvel élu, il y aura extrême difficulté à reconstruire un pays en ruines, les divisions sont trop vives.
Pour mon compte, je suis serein car mon mode de vie « robinsonnien » me tient à l’écart de tout ce brouhaha, un rien suffit à ma modeste condition.

Dans beaucoup de cas, on pourrait songer au permis de voter…
C’est une boutade, certes, mais pousse à réflexion…
Rien n’y fera, le vau l’eau n’est pas près de cesser.

Un vieux sage qui ne sait rien est sage pour lui même et n’éclaire que le bout de son nez.
Il faut avancer dans l’ombre, même à tâtons, pour trouver un peu de lumière.

Demain, je pars pour une autre aventure…
Je vous dirai… si l’on m’autorise encore les mots.

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