Image en titre : Asphodèle dans la férule.
Voilà une plante sauvage qui prospère dans nos contrées.
On l’appelle « u tarabucciulu » ( lire : taraboutchioulou) en Alta Rocca et change de nom selon les différents coins de Corse.
Au début, apparait une gerbe touffue de feuilles longues et lancéolées qui retombent au dernier tiers de sa hauteur, comme une révérence.
Apparait ensuite, en plein milieu de feuillage, une « tige » qui s’étire tant qu’elle peut pour déployer son inflorescence.
La partie souterraine se compose de racines et de tubercules oblongs beaucoup plus étirés, moins volumineux que ceux de la pomme de terre.
Avec les feuilles séchées, naguère, on y rembourrait les matelas.
Le matelas du pauvre, qui ne pouvait se payer de la laine, était bruyant.
Sous l’effet du poids et des changements de position durant le sommeil, les feuilles crissaient mais on s’habituait vite à la musique.
Avec les rembourrages de bractées d’épis de maïs, les matelas des bébés étaient plus confortables, parfois on mélangeait les deux car vous imaginez aisément la quantité requise pour faire le plein d’une couche destinée à un adulte ou deux…
L’été, les feuilles étaient changées ou étalées dans un endroit sec à l’abri du vent pour les aérer afin d’éviter le remugle.
Avec la partie souterraine, le renflement racinaire et non les tubercules, nous en faisions un usage curieux dont on a perdu la signification.
A mon adolescence, nous récoltions des fagots de tiges pour le feu de la Saint Jean. Chacun disposait de sa fascine posée à côté d’une grosse pierre, ou pierre de taille, disposée juste à proximité du feu. Nous faisions chauffer le renflement racinaire sans le brûler, dans le brasier, puis frappions sèchement sur la pierre pour le faire éclater. Nous obtenions un effet pétard très bluffant. Le temps de chauffe était instinctif puis à l’usage nous savions jusqu’à quel point chauffer.
Dans notre esprit cela n’avait aucune autre signification que le côté festif avec ces bruyantes et surprenantes explosions.
Sans doute y avait-il, à l’origine, une signification religieuse ou païenne que chacun explique à sa manière.
Je vous conseille de lire le lien proposé en commentaire pour comprendre l’ensemble de la tradition autour de l’asphodèle : Le feu de la Saint Jean.





https://simonu.home.blog/2020/05/08/la-guerre-de-limmortelle-na-pas-dure-cent-ans/
Si je comprends bien la compétition a eu raison de la tradition.
Moustaki mentionnait cette plante dans une chanson qui me faisait rêver, il y était question de jasmin et d’asphodèles. Le jasmin a tenu ses promesse mais j’avoue que l’asphodèle m’a terriblement déçue 😉
Elles sont magnifiques sur vos photos mais dans la réalité elles sont un peu grisâtres et tristes. A moins qu’il n’y ait plusieurs variétés car je n’en ai jamais vu de si belles.
C’est possible entre la luminosité et le stade de la floraison.
Je les ai toujours vues ainsi dans nos parages.
Belles asphodèles ! Elle me font toujours penser au Pré des Asphodèles dans les Enfers grecs.
J’avais photographié un champs d’asphodèles, je n’ai plus trouvé l’image.