Amourettes lycéennes.

Les années lycée sont des années mémorables pour tous ceux qui ont connu ce passage. Il s’y trame toujours quelque anecdote croustillante qui vous poursuivra toute la vie. Enfant de France ou de Navarre, de Corse ou d’ailleurs y a vécu ses meilleurs ou ses pires moments.

Nous n’avons pas échappé à la règle et je vais vous conter en deux ou trois paragraphes nos plus mémorables passages.

Généralement nous étions sur notre seizième année et nous quittions notre famille pour la première fois. Le Lycée de Sartène situé à une trentaine de kilomètres du village devenait notre résidence pour la semaine. Nous étions internes et faisions notre apprentissage de l’autonomie : gérer notre quotidien sans l’aide de maman.

Nous faisions la connaissance de filles venues d’ailleurs et notre libido naissante pensait s’en donner à cœur joie. Les plus grand, les plus dégourdis d’entre nous, n’avaient aucun mal pour se faire une place auprès des donzelles. Il suffisait qu’ils se donnent un bon coup de peigne, un peu de gomina et la volonté des filles faisait le reste. Aucun effort pour eux, mais pour nous les petits, les timides, les quelconques et même moins, c’était la galère. On se contentait de rêver ou de fantasmer sur celle qui avait réveillé en nous quelque sentiment bizarre : ces attirances qui ne s’expliquent pas, qui vous tombent dessus sans crier gare.

Nos amours platoniques ou « pas toniques » comme l’avait compris un candidat de « tournez manège », nous les exprimions seuls dans le plus grand secret. Cela nous permettait de changer souvent pour varier les images puisque la réalité nous était interdite. Nous étions les gentils copains, qui travaillaient bien parfois, à qui on pouvait se confier mais qui devaient se contenter d’espérer en silence.

J’avais flashé sur une jolie fille, crus-je. Une brune, bien plus mâture que les autres, du genre femme déjà. Franchement, avec mon peu d’assurance du moment, je n’avais certainement aucune chance. Il eut été plus abordable pour moi, de courir l’hésitante, histoire de me rassurer un peu. Et bien non, c’est comme ça… je la regardais passer et lorsqu’elle me parlait, j’en perdais mes moyens. Des histoires comme ça il y en a des tonnes et c’est ainsi que l’on se forme à l’école de la vie et des coups inaccessibles.

Un jour, alors que nous devions jouer une rencontre de foot à Bonifacio, sa ville natale qu’elle regagnait pour le week-end, j’ai tenté, avec un copain, un petit dialogue avec elle. Et puis à un moment pour fanfaronner un peu, je lui demandai s’il y avait quelque jolie fille dans sa ville. Sans aucune hésitation, avec un bel aplomb, elle répondit : « Nous sommes deux ou trois… » Sa réponse fut rédhibitoire, je sentis toute l’émotion qu’elle provoquait en moi, se dégonfler instantanément comme un ballon de baudruche qui se vide. Il ne me restait plus qu’à trouver une remplaçante dans ma tête, et chacun sait, on a vite fait de mettre le radar en marche dans ces cas-là.

Un autre jour, je ne me souviens plus à quelle occasion, nous devions visiter la base de Solenzara. Nous nous étions arrangés pour nous retrouver entassés dans un coin, les uns contre les autres. Il est toujours facile de provoquer ce genre de situation lorsqu’une occasion pareille se présente. Nous avons beaucoup parlé et puis, le trajet s’éternisant, nous nous étions un peu assoupis, faisions même semblant. C’est alors que je sentis une main se promener sur ma cuisse, puis un peu partout, d’une manière insistante et douce à la fois. Je n’osais plus bouger, des fois que la personne se soit trompée de jambe. Trop content de l’aubaine, je me suis arrangé pour faire comprendre ma satisfaction, sans toutefois regarder d’où venait cette chaleureuse intention. A la faveur d’une bousculade intempestive nous revînmes à nos esprits ordinaires. Je me suis douté d’où venait cette invite mais je n’ai jamais osé en parler de peur que ce ne fut point vrai. Quand on croit tenir une victoire si précieuse, mieux vaut ne pas trop chercher à savoir et perdre ses illusions.

Nous avons été quelques-uns à traverser le lycée pour des clopinettes sur le plan des amourettes. Et puis ce fut l’université et dans cette faune sauvage (dans le bon sens du terme) il y en avait pour tout le monde. La revanche fut belle et surprenante faisant tomber bien bas toutes les fausses idées qui s’étaient figées dans nos têtes.

Normal nous avions réussi nos classes, les années précédentes. Nous étions montés en grade et avions abandonné notre comportement de bleu au lycée.

 

 

 

 

 

Pensée de timide…

Un commentaire

  1. ah! les amourettes au lycée…tu parles si on s’en souviens! une fois qu’on avait « ferré » un petit copain… ou l’inverse,..on s’écrivait de 5 à 7 , le but était que le petit ami passe derriere la fenetre de la permanence qui etait entrouverte intentionnellement, puis de lui jetter la lettre qui disait à peu pres toujours la meme chose.. » attends moi derriere le préfabriqué, j’arrive dans 5 mn » c’était innocent, on était amoureux,un peu ou beaucoup, le but etait de se retrouver pour flirter gentiment, on pretextait une envie pressante ou le besoin d’aller à l’infirmerie pour un mal de dent, le copain faisait de meme et ça marchait à tout les coups…braver l’interdit décuplait l’adrenaline…de bons souvenirs qu’on ne regrette pas !

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