Des hollandais, c’est épatant.


Ha ! Ha ! Que va-t-il nous sortir encore ?
Ça vous surprend ?

Rien de sorcier, je vais vous narrer une de ces choses simples de la vie qui paraissent compliquées.

C’était un été, un mois d’août, je crois. J’avais des invités néerlandais à diner. Plutôt à « brochetter », à « grillader », c’est plus sympa à la Zinella. L’endroit est propice au feu de joie.

Je ne connaissais pas ces personnes, l’invitation venait de mon fils. Les présentations furent rapides et totalement enjouées. D’emblée, ces hollandais au sourire naturel et aux visages lumineux n’engageaient qu’empathie. Inutile de se jauger, nous entrâmes de plain pied dans la sympathie réciproque.

Je redoutais un peu cette soirée pour des raisons totalement prosaïques. Les gens qui me connaissent savent que je ne parviens pas toujours à suivre une conversation lorsque je me trouve en présence de nombreuses personnes. Dans ce cas, j’ai besoin de mon décodeur « canal plus » à mes côtés et ce soir-là ma femme prenait du repos. Je me demandais comment j’allais m’en sortir dans le fil des conversations que j’imaginais débridées.

Eh bien, figurez-vous que je ne fus jamais autant à l’aise que cette soirée-là. D’abord pour les raisons citées plus haut, des personnes sans ambages ni retenues superfétatoires, et ensuite parce que ne comprenant rien à l’anglais, très rapidement, j’ai su que je n’aurai aucun effort d’écoute à faire puisque nous parlions par gesticulations et force rires. Beaucoup de hochements de tête aussi. Et moi, qui écartais les bras au ciel pour évoquer l’ouverture, les refermais vers le sol et entre les jambes, les épaules rentrées, pour exprimer la fermeture. Je n’en étais pas à mes balbutiements dans l’art du mime, bref, ce fut un festival amusant de pantomime. J’ai même failli répondre « Ya, ya ! – Ja, ja ! ou Da, da ! » au lieu du « Yess » de circonstance tant j’étais lancé dans un dialogue universel qui semblait d’un autre monde. On pouvait se projeter dans n’importe quel langage, pourvu qu’il débouche sur un sourire de message bien reçu, ça en devenait presque un jeu.

De temps en temps, je faisais appel à mon fils qui servait d’interprète pour avoir une idée plus précise de celle exprimée. Certes, l’épouse hollandaise parlait parfaitement le français mais c’était rigolo de poursuivre le parler gestuel.

Je vous assure, ce fut une de mes soirées préférées, inattendue et totalement sans stress. Tout était clair, limpide et laborieux à la fois.

Au moment de terminer la soirée, évidemment, nous sommes passés voir les étoiles. La lune était quasiment pleine, il devait lui manquer un tout petit morceau et les étoiles s’en donnaient à cœur joie de scintillement comme si elles aussi étaient contentes de notre soirée. Il parait qu’aux Pays Bas, la forte luminosité des villes empêche les étoiles de se manifester ouvertement.

C’était une nuit comme celle-ci, l’angle de vue est le même.

Que soient loués les bataves, j’ai passé une belle soirée pleine de sourires et d’allégresse. Je me demandais si des américains, des japonais, des chinois ou des russes auraient proposé la même sympathie, j’en doute. Faudra peut-être essayer pour en être certain. C’est pourquoi, je riais tout seul en pensant « Vive les hollandais ! »

En tous cas, je crois, après cette expérience, qu’on peut me larguer dans n’importe quel pays, je saurai me faire comprendre sur l’essentiel mais je préfère rester en « Aratasquie* », tout près de ma Zinella, c’est là que je donne le meilleur de moi-même et tant pis si parfois je souffre un peu de ne pas tout entendre.

  • Hallo vrienden uit Nederland , we hebben een geweldige avond !

Je leur adresse ceci :

  • Salut les amis de Hollande, nous avons passé une chouette soirée !

J’ignore si le traducteur a fidèlement transmis ma pensée.

J’attends qu’ils viennent.

Désormais, je peux dormir tranquille en attendant les extraterrestres. Ils peuvent venir me voir, l’endroit est calme et je saurais communiquer.
Ils seront les bienvenus.
Quel cadeau de les rencontrer un jour avant de partir dans les cieux !

*Aratasquie=mon lieu de résidence Aratasa.

Sur le mur de leur demeure estivale visible dans le titre, qui eut cru qu’il ait mimolette…
… ou gouda ?

La mère de Maryse, Janine, est originaire de Lévie et ignore sans doute qu’à l’automne venu, le grillage qui entoure sa maison cherche les couleurs des Pays Bas et se pare de mimolette. Bertrand doit bien s’amuser…

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *