L’utopie définie par Thomas More en 1516, signifie « en aucun lieu », nulle part ailleurs, lieux imaginaires. L’île utopie représente la société idéale où personne ne manque de rien en ne demandant que l’essentiel. Personne n’est avide, ni rapace puisque la terreur de manquer a été supprimée.
Paradoxe d’une réalité irréalisable, difficile à mettre en œuvre et pratiquement irrationnelle.
En 1932, Aldous Huxley publie son « Meilleur des mondes » une utopie qui évoque son inverse, la dystopie c’est-à-dire le pire des mondes.
La société est composée de cinq castes :
– Caste des Alpha, dirigeante et formant l’élite programmée pour… est composée de grands, beaux et intelligents.
– Caste Bêta, formée de travailleurs intelligents conçus pour occuper des fonctions importantes.
– Caste des Gamma, plutôt moyenne voire populaire.
– Les Delta et Epsilon classes les plus basses destinées aux fonctions manuelles simples, petits et laids. Presque des singes tout en bas de l’échelle.
On est tout près de la ruche et des insectes parfaits qui naissent finis, programmés pour une tâche définie sans faire d’apprentissage.
Aujourd’hui dans le langage courant, l’utopie évoque une chimère, une idéologie, l’impossible à réaliser, le rêve.
La construction de l’Europe est-elle une utopie, un doux rêve ? Plus on avance vers la meilleure façon de faire communier des peuples différents, plus on cherche à approcher l’Europe idéale et plus on se rapproche de l’utopie.
La Grèce vient de nous fournir la preuve qu’elle n’est pas disposée à être l’abeille ni la fourmi ouvrière comme le lui impose l’idéal européen. Le peuple souverain va décider de son sort fut-il le pire des choix. L’expression majoritaire n’est pas synonyme de sagesse, elle aura au moins le mérite d’éviter une guerre civile mais là aussi rien n’est affirmé.
Mais Papandreou ne sait plus sur quel pied danser : il annonce le référendum puis pensant sans doute que la vérité ne sort pas forcément des urnes, ou sous la pression de l’Union Européenne et du FMI, il songe à retirer le référendum. Papa n’est plus très sûr de son autorité… Il amorce un sirtaki : le risque est grand pour que la rue envoie tout valser et lui avec.
Ce n’est qu’un début : la symbiose n’est pas pour demain.
L’idéal est toujours l’ennemi du réel, d’ailleurs, il suffit d’être à l’écoute des mots, certains comme « utopie » parlent d’eux-mêmes : si l’on déplace une lettre, elle se met à tourner en rond pour s’arrêter tout net, exactement comme le ferait la « toupie ».
Pour l’heure, la toupie utopie nommée Europe tourne tant bien que mal avec d’inqiétants soubresauts… Il serait étonnant qu’elle garde longtemps la cadence.
