A Louis-Ferdinand.

Louis-Ferdinand a été notre maire durant de longues années.
Tout le monde connait son histoire, je ne vais donc pas en rajouter sur ce registre.

Je vais vous raconter une anecdote qui m’avait frappé.
Chez ma grand-mère à la Navaggia c’était porte ouverte. Chacun pouvait entrer en poussant le battant entrebâillé.
Il suffisait de s’annoncer sans frapper  » O Batti hè Angella ! »
C’était ainsi, la confiance régnait. On savait que toute personne qui rentrait venait toujours avec de bonnes intentions.
Ces incursions n’étaient jamais intempestives, toujours les bienvenues.

Une année, c’était un début d’après-midi, j’ai vu Louis Ferdinand dans les parages.
Comme à son habitude, cigarette au bec, le regard prospecteur. Il s’attardait comme s’il cherchait vaguement, je ne sais quoi à refaire ou à améliorer. Il se dirigea vers la maison de grand-mère, toqua à la porte : « O Za Batti possu entra ? »
Puis sans attendre la réponse puisque c’était une formule consacrée, il s’assit à la table, passa la main sur la nappe et lança « Allez, un caffè ! »
Il semblait passablement inquiet comme s’il était venu pour se rassurer d’on ne sait quoi, car sa visite chez nous n’avait pas d’objet.

Tranquillement, il se leva et sans rien dire se dirigea vers une autre maison.
Au bout de quelques minutes, nous comprîmes qu’il y avait un conflit dans le quartier, il avait fait halte chez nous avant de rencontrer les personnes concernées.
Avec un calme olympien, sa main posée sur l’épaule d’un voisin, la conversation dura un bon moment avec quelques instants électriques trahis par le comportement de la personne en conflit.
Puis ce fut la même scène avec l’autre partie, exactement au même endroit.
La petite place qui faisait face à notre entrée était devenue une sorte d’agora où l’on apaisait les tempéraments, à défaut de rendre la justice.

Après ces longs apartés, les personnes réunies se serrèrent la main, Louis Ferdinand les encouragea d’une tape amicale sur l’épaule, tira une bonne bouffée sur sa cigarette, enfin soulagé par la bonne tournure de son initiative. Il les invita chez ma grand-mère et dès le seuil demanda : « O Za Batti ci rivetti un altru caffè ? »

Voilà l’image que j’ai gardée de lui. L’essentiel.
Un homme de dialogue qui ne reculait jamais devant ses responsabilités, allant parfois au-delà de ses prérogatives pour apaiser des conflits entre particuliers.

Qu’il repose en paix, là où il est.
Assurément, personne n’oubliera cette forte personnalité.

6 commentaires

  1. Louis Ferdinand de rocca serra était un homme remarquable un homme sur qui on pouvait compter toujours là présent sa mort m’a fait tellement de peine qu’il repose en paix reposa i Santa pace

  2. Comment pourrait on oublier un tel personnage qui a fait tant de bien au village . C’était un homme d’honneur et de cœur aux grandes qualités. Qu’il repose en paix.

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