A l’instar du pays des Lumières devenu pays des Néons, la raison faculté de juger est devenue « esprit » dans le sens faire de l’esprit. Les lumières éclairaient les parties d’ombre pour révéler les manques et insuffisances, les néons sont partout, il n’y plus rien à éclairer.
Avoir raison c’est désormais ne pas avoir tort. Avec cette définition en creux tout le monde a raison.
Médiapart avec ses projecteurs halogènes qui traquent toute zone d’ombre, s’est donné pour objectif de tout passer au peigne fin. Rien ne doit échapper au faisceau lumineux, aux rayons X du redoutable Edwy Plenel. Ce journaliste au verbe fourni et la phrase torrent qui surgit en emportant tout sur son passage n’est pas encore philosophe. Il n’est pas le sage qui porte un juste regard sur l’autre. Comme celui qu’il combat le plus, il s’agite beaucoup, parle trop et n’écoute guère, car peu lui importe ce que pense l’autre. Un jour, peut-être, las de ses joutes verbales, s’affalera-t-il au fond de son fauteuil pour, tel un J.F. Kahn usé, daigner ouïr ce qui se pense ailleurs.
On imagine que les coups tordus qui ne plaisent pas à tout le monde (tordus pour les uns mais pas pour les autres) doivent bien exister à droite comme au centre et à gauche. Médiapart a choisi de « faire la part des choses » c’est-à-dire plutôt la part belle à la gauche et le parti pris pour tout ce qui agite un Sarkozy.
Peut-on affirmer sans rire que l’on a raison sur tout ? A force de croire que l’on a tout vu, tout débusqué, tout dénoncé, on finit par le croire.
La polémique du jour porte sur les restrictions prises en catimini par la Fédération Française de Football à l’égard des « noirs et arabes » qui ont la double nationalité. Diminuer le quota dans les centres de formation à l’avantage de ceux de nationalité française uniquement. Ça se discute pourtant … Jouanno, la ministre des sports, a déjà mordu à l’hameçon et menace la FFF.
Le malheur des uns faisant le bonheur des autres, ceux qui ont opté pour la nationalité unique, jusque-là barrés par les aptitudes des autres, verront d’un bon œil cette opportunité. Mais ceci est occulté…
Aujourd’hui, avoir raison c’est regarder là où ça convient et porter l’éclairage dessus.
Peser le pour et le contre, c’est-à-dire allumer/éteindre pour comprendre ce qui se passe n’est plus d’actualité… éclairer et laisser la lumière est la nouvelle stratégie.
Laissons le mot de la fin à notre ministre de la culture Frédéric Mitterrand qui s’en tire avec une pirouette : « Dans double nationalité, il y a nationalité, point barre ».
Voyez comme c’est simple ! Et oui, il n’y a pas plus pirouette cacahouète que lui.
Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil sauf ceux qui ne pensent pas comme vous.
La France est un pays de cocagne et cocagne rime avec castagne.
Double nationalité.