Finalement une simple tarte, c’est toute une histoire.
Cela avait commencé au mois d’août.
Souvenez-vous, c’était la première année que mes pruniers produisaient. J’avais planté des rejetons qu’on m’avait donnés, sans connaître la variété. Le donneur de rejets avouait ne pas savoir.
Pendant des années, plus d’une dizaine, il y avait bien quelques fleurs et quelques fruits poussifs rapidement avalés par les geais, pas grand chose finalement. Comme elles n’arrivaient jamais à maturité, il était difficile de savoir s’il s’agissait de reine-claude verte ou d’Oullins.
Et voilà que 2020 fut une année d’abondance incroyable et l’occasion de mettre un nom sur la variété, la reine-claude d’Oullins.
Des drupes très charnues et très sucrées de sorte que je fis beaucoup de compote sans ajouter le moindre gramme de sucre.
Vraiment débordé par la forte production, j’ai porté mon regard vers l’hiver en congelant compotes et demi-prunes dénoyautées.
Nous sommes en hiver et l’histoire continue.
Voici quelques images qui résument la réalisation d’une tarte dont l’idée avait germé en été.


Ce fut l’occasion de faire une leçon sur la maturité de ces fruits. Aspect visuel, le toucher ferme, le croquant assez marqué et l’acidité prononcée à ce stade du fruit.
Heureusement, il y avait abondance et la récolte qui allait s’effectuer en fin de mois d’août fut très bonne.




Bon, j’imagine que vous êtes impatients d’en venir à la tarte.
J’y arrive, mais c’était plutôt sympa comme intro ! Non ?



Deux œufs blanchis avec 50 grammes de sucre vanillé puis 55 g de Maïzena. On fouette énergiquement pendant qu’un demi-litre de lait chauffe avec 40g de sucre.
On verse la moitié du lait sur l’appareil (mélange œufs/sucre/Maïzena), on fouette et on verse le tout dans la casserole qui contient le reste du lait. A feu doux, on fouette encore et encore jusqu’à épaississement. On stoppe dès que la consistance est en début de prise. On met à l’écart et on fouette de temps en temps pour casser la croute que se forme. Le faire à plusieurs reprises.





Voilà !
Vous avez l’impression que c’est long à faire ?
Pas du tout. La crème en 5 mn lorsque la pâte cuit, les prunes se débrouillent toutes seules sur le feu à côté.
On monte la tarte à froid. On laisse reposer pour réaliser l’osmose entre tous les ingrédients…
Je vous assure c’est vraiment gourmand, bien que le visuel ne soit pas très « pâtissier artiste ».
L’artisanal de base me suffit amplement, quand on est épicurien, on prend plaisir dans les petits riens, paroles de hiboux ! (Vous avez sans doute déjà vu l’image 😉 )
Pas si simple finalement de faire une tarte, il faut s’y prendre des années auparavant, être patient, très patient pendant que l’arbre pousse, se laisser voler par la basse-cour sauvage et d’adorables petites-filles sinon la tarte n’aura pas le goût de souvenir, enfin prendre de beaux fruits mûrs à point et bien pruinés pour envisager la suite, crème pâtissière et tout le tralala… C’est toute une affaire, une affaire de coeur, dirais-je. Le résultat est là pour les yeux et les papilles.
Vous devriez écrire un livre de cuisine sous cette forme, succès garanti 🙂
Vous êtes sympa avec moi Al, mais je crois que je vais me faire siffler par les puristes. 😉
Les amateurs de grammages et autres formatages n’ont que faire de mes histoires à rallonge.
Pourtant, la vraie vie est celle-là, je pense que vous avez tout compris 🙂
Merci Al, c’était ce midi avec les enfants et petits enfants de passage, trois à quatre heures de plaisir et en plus je suis tondu 😉
Pas sûr, les livres de cuisine ont beaucoup de succès et une forme originale serait certainement bien accueillie…
Contente pour vous pour le joyeux moment que vous venez de passer 🙂