Et celle là ?

Celle-là alors ! Elle n’est pas très confiante. Jamais, elle ne pose ses pattes à terre pour approcher. Plutôt méfiante, elle ne sera jamais copine.

Lorsque je l’attends pour une photo, tapi non loin du nichoir, elle n’approuve pas et ne m’offre son plumage que furtivement. Il faut être rapide et persévérant. Elle fait des détours via le seringat ou le lilas à l’abri du feuillage pour ne surgir que soudainement m’offrant un magnifique flou peu artistique. Je l’aurai, oui je l’aurai…

Elle ne voyage jamais pour rien. Chargée de victuailles à l’entrée, elle en ressort avec une couche emmaillotée toute blanche. Le ménage juste après le nourrissage. Cette poubelle ivoire est directement recueillie à la source, avant même que son petit ne la dépose dans le nid jamais souillé… ménagère accomplie, écolo dans l’âme sans avoir rencontré Hulot.

Parfois lorsque la becquée est abondante et pendante comme une moustache gauloise, elle fait escale sur la cheminée du four à pain non loin de la nichée. Elle secoue sa tête pour afficher son tableau de chasse. Et, dès qu’elle se pose sur son perchoir avant de plonger dans l’entrée, on entend les MOI MOI MOI de l’affamé, les Moi Moi Moi du gourmand mêlés aux moi moi moi du timide. Cette joyeuse « braillerie » ne cessera qu’avec l’interruption de ce va et vient nourricier.

Je sais qu’elle ne sera jamais mon amie comme le rouge-gorge. Elle est là, fidèle aussi, mais par intérêt… pour le gîte seulement.

Trois fois j’ai changé son habitation. La dernière, cette année, un loft confortable. Entre le forsythia et la cabane bleue de ma petite Leia, j’ai intallé un deux pièces séparées avec un coffret de Bordeaux marqué « Château… » . Deux entrées,  en forme de cœur côté nord, toute ronde côté sud. J’ai même pris soin, avant son arrivée, d’apposer un panonceau : « Couvaison 2010 – Pièces à louer – 2X25 cm2 habitables ». Elle n’a pas hésité et a choisi le côté sud. Les gens qui me connaissent ne m’ont pas pris pour un fou devant mon annonce : ils savent que je ne laisse rien au hasard. 

 Ce matin c’est le silence. Toute la nichée s’est envolée sans laisser d’adresse et sans fermer la porte. L’année prochaine quelqu’un sera de retour, il en est ainsi depuis quinze ans.

Etourdi va ! J’allais refermer la porte de la chronique sans nommer mon hôte. Vous l’avez peut-être deviné, c’est la mésange charbonnière.

Elle a pris soin de déposer quelques clichés dans mon blog, si toutefois vous souhaitiez la rencontrer.

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 ça c’est du tendre!

dsc_0003.1276884322.JPG 

Où est la poubelle? dsc_0004.1276884618.JPGContre la cabane bleue de ma petite Leia (4 ans)

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