U troppu stropia !

L’adverbe « trop » serait-il trop tout ?

Peu c’est « pas assez » mais trop c’est souvent une calamité.

Trop manger et trop boire c’est pas bon pour la santé, on nous le répète tout le temps.

Trop marcher, trop courir, trop sauter, ça vous sabote un genou, une hanche, ça use cartilages et malmène le rachis.

Trop rire, le risque est grand de vous déboiter un condyle maxillaire et trop pleurer vous rend triste à mourir.

Trop de sucre conduit à l’obésité et déséquilibre votre glycémie, le diabète menace, les caries guettent.

Trop riche et trop de sous ça monte à la tête et vous dérange l’entendement, on ne voit plus les choses à leur juste valeur, tout est plus géant, plus disproportionné. Avec ce trop là, on s’en fiche.

Trop pauvre, inutile d’en dire plus.

Trop grand vous oblige à baisser souvent la tête pour éviter de rencontrer frontalement un linteau ou une poutre et pour regarder le monde d’en bas aussi.

Trop petit vous êtes la risée et devez garder la tête haute pour participer à la vie de ce monde.

Trop juste vous ratez l’offre d’emploi ou la demande que vous visiez.

Trop radin, vous avez des oursins dans les poches et trop généreux, on vous prend pour un pigeon.

Trop artiste, vous êtes un peu foufou et parfois beaucoup timbré. Tout réside dans le ton mis pour le dire, c’est crescendo : un peu, beaucoup ou totalement ravagé.

Homme trop sage et trop timide vous pouvez dire adieu aux bons plaisirs, tintin pour courtiser les femmes.

Trop doux, trop câlin, ça manque de caractère, de poigne, il faut se secouer un peu.

Trop fort, ça dépend en quoi. Trop fort en classe vous êtes lèche bottes, trop fort en mécanique vous avez les mains noires de cambouis mais trop fort en joaillerie vous gagnez beaucoup de sous, c’est une exception… Vous trouverez facilement mes oublis.

Trop crédule, trop naïf, c’est la cata dans votre vie.

Trop gentil – Ha ! J’allais l’oublier celui-là – vous êtes trop con. Un trop pour un autre trop, c’est rigolo, non je plaisante !

Trop sensible c’est pareil, c’est bon pour souffrir.

Trop dur, là ça dépend de quoi. Il y a des chances que ça plaise, un petit doute. Trop dur à faire, c’est cuit pour vous.

Trop sérieux c’est l’ennui pour le monde environnant.

Trop regardant, mieux vaut cligner des yeux et ne pas s’attarder…

Trop pâle vous êtes malade, trop rouge vous picolez, trop vert vous avez la rage…aux dents.

Trop sommeil, vous avez rencontré tsé-tsé ou trop tété.

Trop de pluie, trop de vent, trop d’intempéries, c’est pas bon pour les jardins et plein d’autres ouvrages. 

Un dicton corse met en garde : U troppu stropia ! (Littéralement : le trop estropie ! Il vous rend malade assurément)

Là, c’est pas trop… attendrissant ? Non, c’est du pipeau en peluche…

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