Le mot est de Jean-Vincent Placé d’EE-LV. Les verts se lancent dans la cuisine électorale et le bras droit de Cécile Duflot parle de stratégie de fourchette à deux dents.
D’abord la grande fourchette qui sert à piquer les rôtis pour voir s’ils sont cuits à point ou les retourner pour mieux les dorer, ensuite la petite fourchette pour extraire l’escargot tout chaud de sa coquille protectrice avant de l’avaler goulûment dans son beurre du même nom.
L’image est assurément bonne et Jean-Vincent doit être un fin gourmet. La première dent de sa fourchette major, sa première pique si l’on préfère, sera la candidature d’Eva Joly à la présidentielle. Tâter le François, le titiller et s’il sortait croustillant pour la finale, jouer de la deuxième dent pour mener des négociations serrées en vue d’une place bien au chaud durant le prochain quinquennat. Cette deuxième dent graverait les accords entre les verts et le PS…
Notre chef étoilé avance les ingrédients mais prévient qu’il sera très difficile de les faire mijoter dans l’EPR, réacteur de troisième génération qui assurerait de l’énergie pour 50 ans et retarderait la sortie du nucléaire. Il n’entend pas se faire dorer à l’atome et préfère se chauffer au bois ou faire appel à Eole.
Les négociations sont avancées avec Sapin, Eyrault pour mettre tous les sujets sur la table… « Martine et François se sont vus hier après-midi, Martine a appelé Cécile… » dit-il poétique, ça coule de source.
Mais que négocient-t-ils ? Comme tout bon parti réaliste, EELV entend bien jouer de la petite fourchette à gastéropode afin de bien gratter dans les coins, le moment venu, pour : « Nous voulons un volume de circonscriptions significatif, 80 à peu près. Avec à la clé une trentaine de sièges de député en cas de victoire et une quinzaine en cas de défaite. »
Reste à savoir si les élus socialistes sont prêts à jouer les dindons… la bataille des pique-assiettes ne fait que commencer. Sortez vos couverts… que l’on soit vert, rose, bleu ou rouge vif, on cherche toujours quelque chose à grignoter.
