
Dans son voyage printanier, entre crachin et soleil voilé, l’herbe à Robert cherche sa place parmi les envahissantes. Ses tiges hirsutes menacent le voisinage d’une attaque urticante et pour affirmer ses intentions belliqueuses, elle pointe ses fleurets à peine mouchetés. Ni quarte ni quinte, ni fente ni feinte, ni assaut ni atteinte, elle ne pique ni ne touche, pas la moindre escarmouche.

Lorsqu’elle se fait herbe à Bébert fondue dans une brume légère, on dirait qu’elle cherche la lumière muant ses sabres en candélabres. Elle rayonne faiblement, diffuse une lumière à peine osée, aux tons chauds et rosés. Elle est toile d’un peintre aux touches lavées, mouillées comme un automne naissant à la fin d’un printemps. Un doux mélange de promesses s’endort paisiblement dans un voile diaphane, rêve d’un ailleurs tout en caresses, elle paresse.

Discrète parmi les herbes fournies, sans doute frémit qu’on l’appelle géranium sauvage qui fait trop grand battage.
A la fin de sa vie, enroule les aiguilles de ses graines, les gamins comptent les tortillons qui bien trop vite les heures égrènent, le vent les entraîne, les cache sous un buisson. Dans leur écrin d’humus, motus ! Elles rêvent de l’autre saison.
Elle pique.

Dans un brouillard s’évanouit.

A reblogué ceci sur Les choses de la vieet a ajouté:
Pour Robert qui se reconnaîtra.
J’ai toujours aimé cette petite plante et je n’avais jamais lu d’aussi jolies choses à son propos.
Superbe texte et photos (Robert va être content 😉 )
Alors là, vous m’épatez chère Al ! Une fois de plus vous me faites découvrir quelque chose que j’ai écrit et dont, je ne me souvenais plus.
J’ai reblogué sans relire le texte parce que j’avais promis à Robert d’écrire sur son homonyme, je me suis souvenu que c’était déjà fait.
Voilà ce qui arrive à qui adore écrire et n’aime pas lire. Cela n’arrive qu’à un extraterrestre, c’est ainsi que certains de mes proches me qualifient.
Est-ce à juste raison ?
Allez savoir… Peut-être m’a-t-on abandonné sur terre afin d’observer mon évolution de là-haut 😉
….Ben…ça ne m’étonnerait pas 😉
Plus rien ne vous étonne donc ?
Eh ben, moi c’est pareil, il en faut beaucoup pour que je sois comme les lapins d’Alphonse ! 😉 😉