Les bienfaits d’une canicule ou la pesanteur d’une plume.

A chacun sa période de vie.
A qui la bleue ou la rose, l’heureuse ou la difficile, je traverse une phase oxymorique, si j’ose dire.
Ne cherchez pas ce terme, il n’existe pas.
Je perçois tout à travers la confrontation des contrastes, en imaginant le bon qui se niche dans le mauvais, et je traduis mes remarques en oxymores.

La canicule 2026, qui s’étire déjà sur deux mois, nous inflige une sorte de confinement, d’inactivité vaguement passée au frais du ronronnement d’une clim.

Le jardin a rendu l’âme dès la deuxième quinzaine de juillet, les tomates, qui ont survécu à la chaleur, offrent des sauces goûteuses.
Des sauces puissantes, bien rouges qui expriment parfaitement la saveur recherchée, plus encore, un goût jamais connu à ce jour. Cela sublime les repas estivaux.

Vivre ses journées en cherchant le degré minimum tapi dans un coin de la pièce, vous rappelle combien chaud et froid sont antagonistes, nécessaires pour composer la tiédeur.
Une tiédeur plutôt calorique pourtant proche de la fraîcheur en l’été, presque réchauffée en hiver.
C’est le ressenti qui préside à ces approches.
On bouge à minima pour ne pas trop brasser d’air réchauffé et le convoyer dans l’endroit où l’on respire un peu.

Les siestes sont plus longues, plus nombreuses, de sorte qu’on a envie de courir et de sauter pour contrecarrer l’inertie qui s’installe.
Pour cela, il faudra patienter, on annonce une chute des températures la semaine prochaine.
On espère qu’il ne s’agisse d’une nouvelle pause de courte durée avant de nouveaux coups de chaleur.
C’est ainsi que l’on aiguise le sens de l’attention, de la patience aussi, des pratiques ordinaires que l’on avait oubliées de longue date. C’est une redécouverte, on réapprend les fondamentaux d’une vie ordinaire dérangée par un fait météorologique inhabituel.

Bref, on traverse une période singulière qui surprend et incite les habitants de ce monde à cogiter sur ses pratiques trop désinvoltes ou sans mesure à l’égard de son environnement.
Les gens, incrédules, s’étonnent, cherchent un responsable de ces dérèglements.
Sont-ce les hommes qui ont abusé de leurs facilités à manipuler les données de la Nature naturée ou est-ce Satan qui incinère les habitants de l’Enfer afin de faire de la place aux nouveaux arrivants et ce faisant, surchauffe les environs ?
Enfin, est-ce un phénomène naturel, peut-être cyclique, qui modifiera la planète avant de reprendre un cours moins dérangeant pour une longue période calme et prospère?
Combien de temps encore, à échelle humaine, ou échelle géologique ?

En ce qui me concerne, je ne planche guère sur des faits dont les données objectives m’échappent.
En revanche, un soir de grosse canicule, je regardais choir, une plume, longuement, hésitante, ballotée par la chaleur montante.
Au lieu de légèreté, je découvrais la pesanteur d’une tectrice, plume légère du corps d’un volatile.
Elle flottait, voltigeait, ondoyait… dansait mais chutait inexorablement.

La fleur de l’althéa subit la canicule mais garde le sourire.
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C’est ainsi que naissent les prix Nobel !

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