Si l’on poursuit ainsi, de concessions en concessions…
La rondelle de saucisson va peut-être changer le visage politique français. C’est elle qui pèsera dans les urnes, qui comptera pour ceux qui vont la renier.
Elle sera l’arme secrète des politiciens du futur.
Au salon de l’agriculture comme en campagne électorale, les banquets et autres cocktails se feront sans la moindre rondelle de cochonnaille. Les programmes parleront à l’esprit et l’absence de produits issus du suidé parlera à la foi… On n’imagine plus un J.P. Soisson en train d’enfourner une tranche de jambon cru tout entière dans le fond du gosier, ni un candidat à la présidence s’extasier devant une tartine de rillettes du Mans. Ripaille à cochonnaille ne se fera plus de manière ostentatoire… tout au plus sous cape, si l’on veut engranger les bulletins.
Pancetta, figatellu, coppa … ne seront plus exposés en public et encore moins proposés à la dégustation. Adieu jambon d’York, Parme et Bayonne… adieu truies, verrats et cochons.
Soigner son langage et son vocabulaire pour ne point choquer en rappelant bête maudite deviendra l’atout incontestable. Par exemple, on évitera de parler du port de Marseille mais plutôt du bassin de Marseille… de suer par tous les trous de la peau et non plus par les pores… et le port gratuit deviendra livraison sans bourse délier. Ainsi de suite, notre langage pourrait s’alléger jusqu’au tire-bouchon qui rappelle trop la queue du nourrain.
A quelque chose malheur est bon, avec la baisse du commerce de la viande porcine, le lisier de Bretagne soulagera les nappes phréatiques en perdant du volume…
L’élu de la rondelle pourra être fier d’avoir sauvé son patrimoine.
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Mais pour tout dire, le français trouvera mon pamphlet plutôt mal venu car loin d’être « lard ou cochon », il agacera les ronchons.