Quand on a le temps et l’argent, on peut, aussi, avoir de grandes idées et se réclamer de l’humanisme.
Cantona a la fibre philanthrope mais le compte en banque insuffisamment garni pour jouer les mécènes laissant ce rôle aux grands fortunés de ce monde.
Son idée de briguer les cinq cents signatures pour avoir la tribune présidentielle et défendre la cause des « sans-abri » est noble. Toute personne dotée de raison souhaite qu’aucun SDF ne passe l’hiver à la rue et pour cela nous sommes tous des Cantona.
Est-t-il suffisant et utile de passer sur l’estrade de l’élection présidentielle pour crier toutes les causes légitimes de ce monde ? La vie peut-elle s’accommoder d’idées généreuses et avec chaque avancée, ne secrète-t-elle pas ses toxines, ses effets pervers ?
En prenant cette initiative, probablement d’un coup de tête dont il a le secret, réussira-t-il à décrocher la toile d’araignée tissée à une lucarne des buts français ? Parviendra-t-il à dribbler toutes les défenses pour fouetter les filets d’une reprise de volée dont il avait le secret ?
Dans un passé récent, il avait tenté un pénalty contre les banques mais ce tir qui se voulait coup de pied dans une fourmilière, s’est transformé en shoot au-dessus des nuages, ratant largement la cage bien gardée. Une partie de sa crédibilité s’était envolée avec ce tir claironné puis manqué.
La fondation Abbé Pierre paraît surprise de sa démarche… Cet artiste qui se veut altruiste semble gravir les étapes de l’égo. Joueur de foot mancunien (Manchester) adoré par tout un kop, artiste peintre au coup de pinceau philosophique, acteur de cinéma puis brasseur d’idées humanistes, notre Eric s’élève dans le crescendo de la gloire.
Le verra-t-on debout sur une estrade, les bras en forme de victoire, le visage épanoui saluant la foule qui l’acclame en scandant « Cantona, Cantona… » ?
Les coups de génie sont des coups de vent, c’est bien connu. Ils nous laissent pantois, bouche bée, mais pas trop longtemps… pour ne pas avaler une mouche.
