DSK a brodé et superbement brodé. Sa conseillère en communication l’a bien préparé pour cet exercice : broder c’est rendre plus joli un ensemble qui l’est moins.
Généralement les mises en scène, les jeux de sincérité ont du mal à passer. Plus Madame Diallo en disait et moins elle était crédible, on avait le même sentiment avec DSK.
La stratégie était simple : poser une bonne fois pour toutes « j’ai fauté » et à partir de là, tout pouvait être dit pour démentir les autres allégations. C’est une manière d’évacuer le plus crédible sans assumer tout le reste, plus flou et plus simple à nier car personne n’est en mesure de savoir et encore moins de prouver quoique ce soit. C’est parole contre parole.
Ce genre de démarche qui consiste à rejeter tout ce que l’autre affirme, divise ceux qui l’ont écouté. Ses amis et inconditionnels comme Le Guen, seront persuadés de sa vérité en récitant le cours des arguments biens préparés… Or, arguments crédibles et bien conduits n’ont jamais été arguments sincères tant que l’auditeur n’aura aucune connaissance de la réalité.
DSK se défend et c’est son droit le plus absolu mais on n’est pas obligé de le croire sur parole. Les autres, aussi, doivent livrer une once de vrai en dehors de la prémisse « j’ai fauté » qui sous-entend, « elle était consentante ».
L’ex du FMI a exprimé sa vérité, ce qu’il dit être la vérité, peut-être avons-nous eu tort d’être ponctuels au rendez-vous de TF1 ? Ce faisant, nous devenons des acteurs aussi, pour enfler une affaire qui n’a que trop duré. C’est à la justice de juger avec des moyens supérieurs à nos partis pris.
Questionné sur les primaires socialistes, DSK a commis une erreur. Peut-être n’a-t-il pas été conseillé sur cette partie strictement politique. Il déclare ne pas vouloir s’immiscer dans les primaires socialistes pour ne gêner personne. Là aussi, il a fauté en citant son amitié pour Martine Aubry et suggérant le pacte, sans savoir que c’était une arme à double tranchant. On le verra dans les sondages. Ceux qui le détestent porteront leur bulletin vers François, les partisans de François s’en serviront pour dénoncer Martine qui avait nié un quelconque pacte avec Dominique. Notre ami ne maîtrise pas tout, même bien préparé.
On ne peut briller partout et tout le temps, car briller c’est avoir des zones d’ombres.
